À peine la Commission électorale indépendante (CEI), dissoute par le gouvernement, que Coulibaly Kuibiert Ibrahime rebondit à la présidence du Conseil d’État. Une nomination qui suscite déjà de vives interrogations au sein de l’opposition et de l’opinion publique.
Car au-delà du prestige de la fonction, le Conseil d’État occupe une place stratégique dans l’architecture institutionnelle ivoirienne. Conformément à l’article 143 de la Constitution de 2016, cette juridiction est la plus haute instance de l’ordre administratif. Elle est notamment compétente pour trancher les contentieux liés aux élections municipales et régionales.
Autrement dit, celui dont l’impartialité a été fortement contestée durant son passage à la CEI se retrouve désormais à la tête d’une institution appelée à statuer sur des litiges électoraux sensibles.
Pour plusieurs observateurs, cette nomination renforce davantage les soupçons d’une mainmise du pouvoir sur les institutions chargées de garantir la transparence électorale. Après une CEI régulièrement accusée de partialité, l’opposition craint désormais que les recours électoraux ne trouvent plus un arbitre véritablement neutre.
À quelques échéances électorales cruciales, cette désignation apparaît déjà comme un nouveau motif de crispation politique.
Yves Kouassi




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