Le port d’Abidjan s’apprête à devenir un maillon essentiel dans la stratégie chinoise d’approvisionnement en minerais stratégiques. Les autorités maliennes ont finalement autorisé l’exportation du lithium extrait de la mine de Bougouni, opérée par la société britannique Kodal Minerals et son partenaire chinois Hainan Mining.
Située près de la frontière ivoirienne, la mine est entrée en service en février 2025 et dispose déjà de 45 000 tonnes de concentré prêtes à l’exportation. Désormais, ces cargaisons rejoindront Abidjan avant d’être expédiées en Chine, unique acheteur de la production pour les quatre prochaines années. L’accord prévoit environ 125 000 tonnes exportées chaque année, de quoi alimenter la fabrication de près de 700 000 voitures électriques.
Avec ce contrat, la Chine renforce son contrôle sur la filière lithium malienne, après avoir déjà sécurisé la mine de Goulamina via Gangfeng Lithium. Cette présence massive illustre une dynamique plus large, Pékin consolide son influence en Afrique de l’Ouest en verrouillant l’accès aux minerais indispensables aux batteries et semi-conducteurs, quitte à opérer dans des zones à haut risque sécuritaire.
Ainsi, au-delà du simple transit portuaire, Abidjan devient un point névralgique d’un jeu géoéconomique où la Chine entend garder une longueur d’avance dans la transition énergétique mondiale.
TG






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